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Introduction au livre de l’Exode.

A la lecture des récits mythiques du livre de la Genèse nous avons tenté de dégager le sens de la création du monde et de l’humanité livré par ce texte. Dieu a créé le monde pour l’homme ; en se retirant de sa création et en donnant à l’homme la liberté, il lui a donné aussi la responsabilité du monde. Mais l’homme en cherchant à être « le tout » n’est pas rentré dans ce projet divin. L’homme est devenu une menace pour l’homme et sa liberté s’est dégradée en une errance sur terre.

Qu’avons-nous appris de Dieu à partir du livre de la Genèse ?

Que sa parole est créatrice du monde et qu’après l’échec de son projet sur l’humain, il a parlé à Abraham pour le mettre en marche vers une destination inconnue, « le pays de ses migrations » (Gn 17,8). Il a assorti cet ordre d’une promesse de vie. Cette promesse il l’a renouvelée à plusieurs reprises à lui et à ses descendants.
Mais de Dieu lui-même nous ne savons rien de plus : Il est défini comme le Dieu des pères, le « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » ce qui ne le différencie pas nettement des autres dieux des cultures des peuples environnants, qui eux aussi ont le culte des ancêtres, et sont tous attachés à un territoire et à un peuple donné. Il se différencie cependant par un élément fondamental : il a parlé et a fait des promesses, mais ces paroles se sont perdues, recouvertes par les douleurs de l’esclavage en pays étranger.

Le Livre de l’Exode qui suit le livre de la Genèse va nous apporter des éléments nouveaux fondamentaux sur ce « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ».

Ce livre est une révélation de Dieu.

Et cette révélation a deux caractéristiques fondamentales : d’une part elle se manifeste dans un contexte historique précis et d’autre part elle se réalise par l’intermédiaire d’un homme, médiateur entre Dieu et l’humanité:

– Cette révélation n’est pas abstraite, ce n’est pas une connaissance purement intellectuelle, elle s’articule autour d’événements, autour d’une histoire concrète vécue par le peuple. Le contexte historique de cette révélation de Dieu est la libération du peuple qui a crié sa détresse du fond de l’Egypte où il était tenu en esclavage. Cette annonce de la libération couplée à une révélation de Dieu est une  « bonne nouvelle » et c’est en ce sens qu’il est parfois qualifié de « l’évangile de l’Ancien Testament » (le mot évangile signifie « bonne nouvelle ») et nous verrons effectivement plus tard en étudiant ces évangiles qu’ils sont parsemés de références implicites ou explicites à ce livre de l’Exode.

– Cette révélation s’opère par la médiation d’une personne, Moïse, qui est le personnage central de ce livre. Moïse est, plus qu’Abraham l’ancêtre, le véritable fondateur du peuple d’Israël, car c’est lui qui, de cette tribu va faire naître un peuple, le structurer par une Loi et des rites religieux, mais aussi et cela est tout à fait nouveau dans l’histoire du sacré, d’une parole, d’un enseignement qui en explicite le sens (dans les deux acceptions de ce terme : signification et direction) .

Ce personnage tient donc  une place exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité et des religions car c’est de la révélation faite à Moïse que l’on peut dater la naissance du monothéisme.
Pour les chrétiens, Jésus sera le nouveau Moïse qui comme lui par son enseignement et ses prodiges va libérer son peuple et assurer la victoire définitive de la vie sur la mort. Ce parallélisme se traduit d’ailleurs très concrètement sur le plan rituel par une reprise dans le christianisme des fêtes juives de la Pâque et de la Pentecôte relatives à ces événements relatés dans ce livre de l’Exode. Pour la Pâque chrétienne, la sortie de l’Egypte des Israélites avec la traversée de la mer rouge est l’arrière-plan qui préfigure la victoire de Jésus sur la mort. Et pour la Pentecôte, la révélation de la Loi sur le mont Sinaï préfigure la venue de l’Esprit cinquante jours après la Pâque.

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