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Récit du règne de David

Ce livre est dans une parfaite continuité chronologique avec le précédent. Le découpage de cette période (environ entre 1025 et 970 av. J.C.) en deux livres, n’a pas de justification littéraire, il est donc probable qu’il n’a d’autre cause que des contraintes matérielles (taille des rouleaux de papyrus?). D’autant que dans ce deuxième livre, dit de « Samuel », il n’est plus du tout question de Samuel dont nous avons vu la dernière fois qu’il était mort à Rama (1S 25,1).

Après l’ascension de David et les tentatives vaines du roi Saül pour le supprimer, relatées dans la deuxième partie du premier Livre, ce deuxième livre est le récit du règne de David. L’histoire de ce règne va tenir une place fondamentale dans la représentation que se fera le peuple juif de son destin.
Après la libération d’Egypte, la révélation de la Loi (Exode), la conquête de la terre promise (Josué), c’est la création d’un Royaume qui semble parfaire et, certainement dans l’esprit du peuple, accomplir définitivement ce destin.

En fait toute l’histoire biblique, dans les siècles qui suivront, peut être lue comme une longue période de gestation pour accoucher d’une symbolisation de ces étapes.
Symbolisation dans le sens où l’expérience de réalités concrètes à travers l’histoire, les déceptions les échecs, doivent nous permettre d’appréhender des réalités beaucoup plus larges auxquelles probablement nous n’aurions pas accès directement.

Libération, Loi, Terre promise et maintenant Royaume, telles sont les réalités historiques traversées par Israël. La pédagogie biblique nous invite, à travers les échecs apparents de ces différentes étapes, à accomplir un travail d’intériorisation. C’est ce long travail de gestation intérieure, par des générations successives de chercheurs de Dieu, accompagnés par les prophètes dans leur relecture de l’histoire, qui doit nous permettre aujourd’hui d’appréhender la portée à la fois personnelle et universelle de cette histoire. Cet travail de gestation est un travail d’ouverture de nos désirs qui en s’élargissant sans fin, unifie notre « je », révèle le sens profond et unique de chacune de nos vies.

Que signifie être libéré? Quel sens a la Loi ? Quel est son lien avec la libération?
Quel sens a notre désir d’appartenance à un territoire, à un peuple, une nation, un groupe, une communauté?

On ne peut réduire l’explication de ces désirs aux seuls besoins, aux seules nécessités de la vie. Regardez de près par exemple nos comportements à travers le marché de l’immobilier. Le poids de nos rêves, de nos fantasmes pèsent beaucoup.

Quant à notre rêve sur l’arrivée au pouvoir d’un homme providentiel juste et puissant, regardez comme il s’exprime au delà du rationnel dans les meetings de nos candidats à l’élection présidentielle. Fondamentalement c’est ce désir qui va être à la source de cette notion de messie que nous allons voir apparaître dans ce livre.

La fonction de la révélation biblique est, à partir d’une réflexion et d’une intériorisation de l’histoire, de nous ouvrir à travers ces contingences temporelles, matérielles, psychologiques et politiques un accès à des réalités spirituelles, universelles.

Ce travail de gestation, bien entendu, ne s’arrête pas à l’époque biblique et est toujours en chantier. Regardez, pour prendre un petit exemple, combien la symbolisation de la notion de territoire est encore en chantier chez les religieux juifs orthodoxes d’aujourd’hui. Regardez combien l’Eglise, dans l’histoire politique de la chrétienté, a eu du mal à se libérer de la notion de monarchie de droit divin à laquelle elle se pensait structurellement liée. Pourtant le message évangélique de Jésus paraît, avec du recul, très clair sur ce point.
Mais à la décharge de ces institutions, il faut bien reconnaître que le passage de la réalité matérielle fermée à une autre réalité ouverte sur l’infini, via ce travail symbolique, passe par une subversion de ces réalités psychologiques, matérielles, historiques. Subversion qui ne peut que déstabiliser les institutions en place et les personnes en charge de ces institutions. C’est tout le paradoxe de la symbolisation qui tout en utilisant des signes concrets, matériels, élargit notre champ de perception et nous détache matériellement, d’une certaine façon, de ces mêmes réalités. La fixation (au sens de fixation psychologique) sur la matérialité de ces signes, en vide la dimension symbolique et produit les intégrismes de tout bord. L’évolution de la notion de royauté en constitue un bon exemple. L’aboutissement de cette évolution est incarné par Jésus, qui tout en assumant le titre de « roi des juifs », va subvertir complètement le sens de cette royauté en acceptant d’être ridiculisé avec une couronne « d’épines »! Subversion qui ne sera que… très, très imparfaitement intégrée par la suite dans les monarchies de la chrétienté ou dans les fastes liturgiques de certaines époques du christianisme par exemple. Mais revenons à l’histoire du règne de David que l’on peut découper en 5 parties.

L’investiture de David (2S 1)

Le début du livre (Ch.1) relate l’annonce faite à David de la mort de Saül. La réaction de David peut surprendre : il fait tuer celui qui a « osé » mettre la main sur « l’oint de Yhwh ». Loin de se réjouir de la mort de son ennemi, il pleure cette disparition et chante une belle complainte en l’honneur de Saül et de son fils Jonathan (qu’il aimait beaucoup il est vrai), alors que cette mort, non seulement le libère d’un adversaire dangereusement malade qui cherchait à le tuer depuis longtemps, mais elle lui ouvre aussi le chemin de la royauté.

On peut voir là la grandeur d’âme, la largeur d’esprit d’un homme très peu rancunier, comme nous l’avons vu à plusieurs reprises dans le livre précédent (il avait eu l’occasion à deux reprises d’abattre Saül), mais on peut aussi y voir l’expression d’une grande habilité politique. Célébrer ainsi son adversaire, c’est une façon très pragmatique de tenter de rallier son clan, de se positionner dans sa filiation pour qu’il le reconnaissent lui, David, comme roi alors même que des enfants de Saül pourraient revendiquer cette charge.

Il est effectivement investi comme roi… par la tribu de Juda (2S 2,1-4) et le fait savoir aux autres tribus du nord en accompagnant cette annonce d’un vibrant hommage à Saül et à ses combattants!

Apparemment cela ne suffit pas à rallier tout le monde et David va devoir faire face dans ces territoires du nord à une opposition pilotée par un chef de guerre de Saül, Abner, qui soutient un fils de Saül. La guerre est inévitable et David, assisté de Joab, ressort victorieux d’un premier affrontement à Gabaon, mais

La guerre fut longue entre la maison de Saül et la maison de David
David ne cessait de se renforcer et la maison de Saül ne cessait de s’affaiblir (2S 3,1)

 David s’installe à Hébron où il a plusieurs enfants de femmes différentes.
Abner cherche à se rallier à David, mais Joab le fait abattre (3, 6-39) avant qu’il se rallie. Le fils de Saül, Ishbosheth, est à son tour abattu par deux hommes de son clan qui pensaient en le trahissant plaire à David. Bien mal leur en a pris. David n’aime pas les traîtres qui rallient le plus fort au dernier moment, même si le plus fort, c’est lui David. Il les fait tuer.
Finalement tout le royaume du Nord se rallie à David qui est oint « Roi d’Israël » (5, 1-5)

L’Apogée de David à Jérusalem (2S 5)

La suite du récit illustre encore l’habileté politique de David. Alors qu’il était installé à Hébron, capitale du royaume de Juda, avec ses femmes et ses enfants, il décide de conforter ce ralliement du royaume du nord, d’asseoir son autorité, en attaquant avec ses troupes nouvellement unifiées, une petite ville des jébusites qui n’appartenait ni au royaume du nord, ni au royaume de Juda, Jérusalem. Il en fait sa nouvelle capitale, symbole de l’unité retrouvée du peuple d’Israël. Telle est donc l’origine du destin exceptionnel de cette ville appelée « cité de David ».

Signe de la puissance nouvelle de David : il prend à Jérusalem de nouvelles femmes et concubines qui lui donnèrent beaucoup d’enfants!

Mais l’auteur prend soin de préciser que David n’a pas la grosse tête et que dans ses combats militaires, il se réfère toujours à Yhwh et c’est cette référence qui lui vaut la victoire (6, 17-23). David décide alors en l’honneur de Yhwh et pour asseoir l’importance politique de sa nouvelle capitale, de faire monter l’arche d’alliance à Jérusalem. Un incident lors du transport va manifester la dimension sacrée de cette arche. Après un décès, l’opération est d’abord annulée, puis finalement reprise trois mois après. Ce fut l’occasion de grandes festivités où les talents de musicien et de danseur (un peu dénudé) de David se sont illustrés, au grand dam de sa première femme Mikal, princesse, fille de Saül, qui trouvait sa tenue et son comportement peu digne d’un roi!
Je pense à cette saillie de Lacan : l’homme de la rue qui se prend pour un roi, est un fou… mais celui qui est roi et qui se prend pour un roi est tout aussi fou !!!
David était donc un roi exceptionnel, il ne se prenait pas pour un roi, il n’était pas fou ! Il avait une perception réaliste des événements. C’est Yhwh qui l’a amené là où il en est, il n’en tire pas gloriole personnelle. Cinglant il répond à Mikal:

C’est devant Yhwh qui m’a choisi et préféré à ton père et à toute sa maison… que je m’ébattrai.
Je m’abaisserai encore plus et je m’humilierai à mes propres yeux ,
mais près des servantes dont tu parles, auprès d’elles, je serai honoré (6, 21-23)

On comprend la difficulté d’assumer cette ambivalence de la mission royale, porter la responsabilité glorieuse, sacrée de la royauté et tous les signes et symboles associés, tout en refusant d’entrer dans le jeu de la gloire et de la puissance personnelle. Cette ambivalence au plan politique de l’exercice du pouvoir royal , aura son pendant, sur un plan religieux, avec le projet de David de construire un temple.

La prophétie de Natan (2S 7)

Au fait de sa gloire, son royaume en paix se développant, David veut alors traduire cette prospérité sur le plan du culte à Yhwh

Je suis installé dans une maison de cèdre ,
tandis que l’arche de Yhwh est installée au milieu d’une tente de toile (7, 3)

L’intention de David paraît louable : construire un temple qui symbolise mieux la grandeur de Yhwh qu’une tente de toile. Mais Yhwh par l’intermédiaire de Natan remet les pendules à l’heure.
A t’Il besoin, lui, Yhwh, d’un temple ? Sa présence permanente auprès du peuple a toujours été mobile, elle s’inscrit dans un humble cheminement:

Je ne me suis pas installé dans une maison depuis le jour où j’ai fait monter d’Egypte les fils d’Israël…je cheminai sous une tente…
c’est moi qui t’ai pris au pâturage, derrière le troupeau
pour que tu deviennes le chef d’Israël mon peuple (7, 8 )

Par contre, Yhwh va retourner la proposition de David et lui donner ainsi son véritable sens. Ce n’est pas David qui créera un temple pour Yhwh, c’est Yhwh qui construira une maison pour la descendance de David. Le temple ainsi construit sera le symbole de cette promesse incroyable d’établir à jamais la royauté d’Israël.
Les termes de cette promesse sont extrêmement forts:

J’élèverai ta descendance après toi, celui qui sera issu de toi-même et j’établirai fermement sa royauté. C’est lui qui bâtira une maison pour mon Nom. Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils. S’il commet une faute, je le corrigerai en me servant d’hommes pour bâtons et d’humains pour le frapper, mais ma fidélité ne s’écartera point de lui…
devant toi, ta maison et ta royauté seront à jamais stables, à jamais affermi. (8,12-16)

Ce texte qui établit aussi fermement la pérennité de la royauté en Israël, symbolisée par le temple, est tout à fait essentiel pour comprendre les soubresauts ( le terme est trop faible ) de la suite de l’histoire d’Israël.
C’est toute la grandeur du peuple d’Israël, d’avoir toujours cru contre vents et marées, contre toute évidence, à la réalité de cette promesse. Cette foi va ouvrir au sein de ce peuple, aiguillonné par les prophètes, tout un chantier de lecture, d’interprétation, de symbolisation de cette promesse, d’où naîtra l’attente d’un messie. Travail qui va faire cheminer spirituellement ce peuple et avec lui toute l’humanité. Chez les chrétiens, ce texte est fondateur pour comprendre la place de Jésus dans l’histoire biblique. Ce Jésus-messie réalisateur de la promesse viendra éclairer, bouleverser en profondeur ces notions de royauté, de royaume et de temple. Notions qui seront ultérieurement développées aussi bien dans la théologie chrétienne que dans la théologie juive.

La faute criminelle de David (2S 11)

Un soir, David ne trouvant pas le sommeil, se lève et de sa terrasse aperçoit une femme très belle qui se baignait. Il l’a fait chercher, couche avec elle et …quelques temps plus tard cette femme lui fait dire qu’elle est enceinte. Or cette femme du nom de Bethsabée était l’épouse d’Urie, un lieutenant de son chef de guerre Joab. Ce militaire était au front. David le fait venir, le soigne bien et lui recommande d’aller se reposer chez lui, avec sa femme. Mais lui, en parfait militaire, reste coucher à la porte du roi. Plusieurs jours de suite, David renouvellera sa tentative, le fera boire pour qu’il rentre chez lui et qu’il couche enfin avec sa femme, mais rien n’y fait, son exigence de solidarité avec ses soldats est le plus fort. David est bien embêté car l’état de sa femme devra bien trouver une explication.

Alors il fomente de faire tuer Urie, ce soldat si vaillant, en élaborant pour la prochaine bataille un plan où Urie devra courir de grands risques. Ce plan fonctionne, Urie meurt au combat. Après une période de deuil, David fait venir Bethsabée au palais et la prend pour femme.

Natan

vient alors raconter une histoire à David. C’est celle d’un homme riche qui avait beaucoup de moutons et d’un pauvre qui n’avait qu’une petite agnelle qu’il chérissait tendrement. Le riche pour accueillir un hôte a fait abattre la petite agnelle du pauvre pour ne pas toucher à son propre cheptel. Cet événement scandalise profondément David qui réclame la mort du riche et des fortes indemnités pour le pauvre. Et Natan de répondre : ce riche c’est toi.
Yhwh l’a comblé de richesses et de femmes et s’il en avait voulu davantage, Yhwh lui en aurait donné davantage, mais là, pour avoir pris la femme d’Urie et s’être débarrassé du mari en cachette, la malédiction tombera sur sa descendance qui lui prendra ses femmes, non pas en secret, mais au vu et au su de tous. Le fils qu’il a eu avec Bethsabée mourra.

Remarquez la pédagogie divine : Natan n’attaque pas de front David, il ne lui fait pas la morale, il lui raconte simplement une histoire qui permet à David de prendre conscience de ses actes et de porter lui-même le jugement.

David dans cette prise de conscience , et pour sauver le petit, demande pardon, renonce à tous les avantages de son statut de roi, il jeûne et dort par terre. Tant et si bien qu’à la mort du petit, personne n’ose le lui annoncer tant son état est inquiétant. Des chuchotements dans son dos l’alertent, il comprend que son fils est mort. Sa réaction surprend tout le monde : il se lève, se parfume, prend de la nourriture, puis pour la consoler, va coucher avec Bethsabée et lui donnera un fils du nom de Salomon. Et Yhwh aima Salomon.

Cela peut surprendre. Mais à y regarder de près, cette réaction de David paraît saine et réaliste. Prenant conscience de son crime, il fait un profond retour sur lui-même, pleure devant Yhwh pour cette faute (de très beaux psaumes seront rattachés à cet épisode), mais il ne tombe pas dans une culpabilité névrotique, la vie doit reprendre son cours et son amour sincère pour cette femme prend le dessus. Et Yhwh ne fera pas une fixation sur cette faute dont David a pris conscience et Salomon, pourtant fruit d’un pécheur criminel et de la femme convoitée sera le plus grand roi d’Israël. David devra néanmoins assumer courageusement les conséquences funestes de son acte. L’auteur du livre nous laisse entendre qu’il y a un lien entre sa faute et les comportements de ses enfants qui lui vaudront malheurs sur malheurs.

Une fin de règne bien difficile (2S 13-20)

On sait que la polygamie ne favorise pas la paix entre les enfants de mères différentes, surtout quand le père est un roi dont chacun peut espérer reprendre le sceptre. Cela démarre par son fils Amnon qui devient mélancolique car il est très amoureux de sa demi-soeur Tamar. Il se fait passer pour gravement malade et demande que sa soeur Tamar lui apporte des soins dans sa chambre. Son stratagème fonctionne, il la viole, puis il se met à la haïr violemment. Tamar se réfugie chez son frère Absalom et la haine s’installe entre les frères. A l’occasion d’une fête, Absalom fait boire Amnon, puis le fait tuer par ses serviteurs.
David est terriblement affecté par la mort de son fils et Absalom est suspecté de vouloir tuer ses frères pour prendre le pouvoir. Absalom doit s’éloigner pendant plusieurs années. Joab obtient de David un retour en grâce d’Absalom. Mais Absalom n’a cherché à revenir que pour mieux intriguer et renverser son père tant et si bien que David doit fuir devant son fils qui s’empare du pouvoir et de ses femmes, celles de son père. Il s’en suit une guerre entre le père et le fils, mais si Absalom est beau, jeune et séduisant, attirant à sa cause une bonne partie de la population, David est un plus fin manœuvrier et finit par avoir le dessus. Absalom doit prendre la fuite sur une mule. Dans sa course la mule passe à travers des branches d’un térébinthe. Absalom est pris dans le branchage de l’arbre et reste suspendu entre terre et ciel. Malgré les instructions de David de ne pas attenter à la vie de son fils, Joab en profite pour le tuer. David ne fêta pas sa victoire, mais s’enferma pour faire le deuil de son fils Absalom qu’il pleura amèrement.

Ces divisions de la famille royale ne furent pas sans conséquences sur le peuple, et les divisions entre la tribu de Juda et les tribus du nord, que David avait réussi à faire taire, se ravivèrent (Ch. 19 et 20). Joab, tombé en disgrâce pour avoir tué Absalom, mettra de l’huile sur le feu et dans la guerre de succession qui ouvre le livre suivant, le premier livre des Rois, il prendra partie contre Salomon successeur désigné par David.

Recensement (2S 24)

Ce livre se termine par une nouvelle fausse note de la part de David: il ordonne un recensement de tous les habitants d’Israël. A priori, pour nous maintenant, nous ne comprenons pas très bien en quoi cet ordre constitue et est perçu par David lui-même comme un péché très grave, un sacrilège. Il faut sans doute chercher l’explication dans la promesse faite par Yhwh à Abraham, et renouvelée à maintes reprises, de faire d’Israël un peuple plus nombreux que le sable de la mer, plus nombreux que les étoiles du ciel. David enferme la promesse dans des limites, il dé-symbolise la promesse en cherchant à s’en approprier la matérialité, en vide ainsi le contenu symbolique et donc bloque le travail d’intériorisation et d’ouverture vers l’infini du désir.

Conclusion

Ce personnage de David si important dans l’histoire d’Israël n’est pas édulcoré par le rédacteur. Ses faiblesses et ses fautes ne sont pas passées sous silence. De façon générale, comme nous l’avons déjà vu, les personnages bibliques aussi célèbres soient-ils ne sont pas tout blanc ou tout noir.
Dans le cas de David, non seulement ses fautes sont soulignées, mais d’une certaine façon, c’est par leur canal , grâce à elles, si l’on peut dire, que David va composer et chanter des psaumes (2S 22, psaume 18,…) qui encore aujourd’hui, ouvrent à nos propres sentiments personnels de détresse, de vulnérabilité, un chemin vers le lacher-prise, la dilatation du coeur, la confiance dans la vie, le repos et la louange.

David avec ses faiblesses, malgré son crime, sera pour toute la suite de l’histoire de la royauté la référence du juste comportement pour tous les rois d’Israël.

Autre aspect remarquable de ce livre, il faut noter que la chronologie assez détaillée des évènements, la précision des localisations, le rendu de la complexité des personnages, et les tentatives d’établir la responsabilité des acteurs comme cause de la succession chronologique des évènements, font du ou des rédacteurs, des précurseurs de nos historiens modernes, bien que comme nous l’avons déjà dit, leur objectif n’est pas de faire un travail scientifique d’historien, mais d’enseigner à travers l’histoire la nature de la relation de Yhwh avec son peuple.

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